J'ai peur d'avoir faim

Examinons les diverses réactions face à la faim physiologique. Cette faim que nous appréhendons.

Après des années de régime il n’est pas simple de faire face à la faim et ne pas en avoir peur. Nous commencerons à identifier les signes annonciateurs de la faim. Nous verrons quels sont les freins qui nous empêchent de nous écouter. Il faut distinguer les réactions des personnes au régime et celles qui n’ont jamais eu de problèmes de poids. Qui croire dans tout ça ?

Quels sont les signes de la faim ?

La faim physiologique correspond aux besoins vitaux du corps. C’est le cerveau (au niveau de l’hypothalamus) qui envoie des signaux à notre corps. Nous reconnaissons une sensation de creux dans l’estomac mais aussi des gargouillis, des tiraillements, suivant chaque personne certains de ces signaux ne sont pas très évidents. On peut ressentir en fin de matinée par exemple une baisse d’énergie avec bien souvent une forte sensation de fatigue et des problèmes de concentration. Pour diverses raisons notre faim disparaît quelques temps si nous ne pouvons y satisfaire ; heureusement elle nous rappelle à l’ordre un peu plus tard. A nous de faire ce qui est nécessaire pour y répondre.

Qu'en disent les médias et les professionnels dans le domaine de la diététique ?

ANTICIPER, voilà en résumé le maître mot. Dans ce cas il est certain qu’on n’a plus peur d’avoir faim. Manger 3 repas par jour, en ajoutant si besoin une collation. On vous dit quelle stratégie adopter lors d’invitations. On vous dit quoi manger, c’est limite si on ne vous dit pas à quelle heure manger !

Faisons une analogie plus parlante.

Nous sommes en avril et le matin les températures restent fraîches. Lorsque vous êtes partie tôt ce matin vous aviez votre manteau. Vous déjeunez avec une collègue en terrasse couverte et les calories absorbées ainsi que les rayons du soleil vous réchauffent ; vous enlevez tout naturellement votre vêtement devenu superflu. Votre régulation corporelle est tout à fait normale.

Auriez-vous du anticiper au risque d’attraper froid ? Ou pire à long terme dérégler cette belle machine parce que vous avez lu ce dernier article qui prônait qu’il faut avoir un peu froid pour perdre quelques grammes ? Tout cela est déraisonnable n’est ce pas ?

En bon petit soldat d'éternel "régimeur"...

Eh bien nous suivons tranquillement tout ce qui de près ou de loin pourrait avoir un impact sur la perte de poids. On nous dit qu’il faut jeûner ? Alors jeûnons. On nous dit qu’il faut un copieux petit déjeuner alors que nous n’avons pas d’appétit à ce moment précis ? Eh bien allons y pour un petit déjeuner dont les quantités ne nous conviennent pas. On nous dit qu’il faut boire avant le repas pour diminuer son appétit ? Et le summum ? Prendre un coupe-faim bio pour manger la quantité d’un oisillon.

Notre éducation ne nous a pas aidé non plus et la peur de manger plus que de raison en découle.

Toutes les célèbres expressions que nous avons entendu enfant et notamment ne pas manger entre les repas parce que nous n’aurons plus faim à table. Où encore ne te bourre pas de pain tu ne mangeras pas ce
qui suit.
Nous, parents bien intentionnés faisons un drame parce que notre enfant n’a pas faim et qu’il souhaite sauter le repas. Mais bien au contraire, c’est que sa régulation est parfaite ! Au repas précédent avait-il mangé plus que d’habitude ou peut-être des aliments plus gras ou très sucrés ?

Pourquoi ne pas s’écouter et manger lorsque nous avons faim tout simplement ? La crainte de voir apparaître l’appétit peut ainsi s’éloigner.

Je vais vous raconter une petite histoire vécue

Il s’agit d’une personne de ma famille très chère à mon cœur. Je vais en parler au passé car aujourd’hui elle a 91 ans et naturellement sa vie est différente. Geneviève a pesé 45 kg plus des 3/4 de sa vie. Mis à part un problème de thyroïde qui lui a fait prendre 15 kg (bombardée d’iode radioactive il y a une quinzaine d’année), elle n’a jamais fait attention à la manière de se nourrir. Elle suivait son envie et son appétit. Elle mangeait très peu aux repas car vite rassasiée mais faisait plusieurs encas dans la journée. Par contre elle courait, sans cesse, pour aller faire une course, pour aller chercher sa voiture, je ne l’ai jamais réellement vu marcher lorsqu’elle était seule. Tout comme les enfants c’était sa manière d’être.

Aujourd’hui …

Elle a bien du mal à suivre son envie de tel ou tel aliments car elle ne voit plus que des ombres, elle a perdu l’appétit des yeux… Je fais diversion en faisant appel à son odorat et en décrivant cet aliment, en lui faisant sentir ce délicieux plat chaud préparé pour elle et … ça fonctionne !

N’ayons plus peur de notre faim. Quelle leçon pouvons-nous tirer de cette histoire ?

Arrêtons d’être à l’écoute de tout ce qui nous entoure, les conseils qui abondent de toutes parts ; tentons de nous reconnecter à notre corps. Vous voulez fuir ce corps à cause de vos kilos supplémentaires ? Pourtant c’est en se recentrant sur vos sensations que VOUS allez réussir. Lorsqu’on a passé des années au régime il faut un temps d’adaptation c’est vrai mais ça en vaut la peine, ça en vaut vraiment la peine, croyez-moi cette expérience je l’ai faite.
VOUS êtes unique. N’attendez-pas que votre corps vous fasse défaut pour l’encenser, quoi que vous en pensiez il est très précieux.

Et le plaisir dans tout ça ?

Si nous mangeons par anticipation, nous nous remplissons mais le plaisir ne peut être totalement au rendez-vous. Avoir faim c’est satisfaire son corps, satisfaire ce besoin vital mais aussi une conduite vers le plaisir ; ce
plaisir qui contribue à la satisfaction et lorsque celle-ci est totale, la régulation peut petit à petit se remettre en place ; la liberté de manger est au bout du chemin …
En résumé, n’ayons plus peur de notre faim.

A contrario la faim émotionnelle est un vaste sujet que nous aborderons ultérieurement.

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